Pourquoi la propriété ?(1985)

Henri Lepage

Description :

Extrait de l’introduction

Un Français sur deux est pratiquement propriétaire de son logement. Les sondages le montrent clairement : les Français ont une solide mentalité de petits propriétaires. Et cela même lorsqu’ils votent à gauche. Tout pouvoir politique qui oserait attaquer le principe du lopin de terre commettrait un acte suicidaire. Lorsqu’il s’agit d’industrie et de propriété industrielle, les choses sont, en revanche, fort différentes. Les élections de 1981 ont montré qu’à tout le moins, il n’y avait pas de majorité dans le corps électoral pour s’opposer aux nationalisations de la gauche. Même les actionnaires des groupes nationalisés n’ont, en vérité, pas offert une grande résistance. A quelques exceptions près, leur mobilisation et leur combativité ont été plutôt faibles.

Trois ans plus tard, le jugement des Français a complètement changé. Une majorité se dégage pour dénationaliser. Une telle situation suggère néanmoins que l’attachement des Français à la propriété est devenu extrêmement sélectif et variable. Si donc l’on veut être en mesure de s’opposer durablement aux menaces collectivistes, il est urgent de leur faire redécouvrir le sens véritable des institutions fondées sur la notion de propriété privée. L’ambition de ce livre est d’y contribuer. L’objectif n’est pas de prendre la défense des propriétaires, gros ou petits, ni de présenter une apologie de la propriété individuelle en tant que structure sociologique. Mais de défendre un principe juridique: le régime de la propriété privée; c’est-à-dire un système d’organisation sociale fondé sur l’idée que les droits de propriété. Pourquoi la propriété reconnus par la collectivité ne peuvent être, par définition, que des droits individuels, exclusifs et librement transférables.

Ce principe, c’est celui de l’ordre du «marché». Mon intention est d’étudier les caractéristiques des institutions liées à la propriété privée, non seulement pour mettre en lumière les raisons de leur plus grande efficacité économique, mais aussi pour rappeler que leur légitimité se fonde également sur des arguments d’ordre éthique. Pourquoi la propriété se présente bien évidemment comme une suite des deux volumes publiés dans la même collection, à l’initiative de Georges Liébert: Demain le capitalisme et Demain le libéralisme.

A ce titre, alors que se multiplient les essais littéraires sur le libéralisme, ce livre s’efforce de rester fidèle au style et à la présentation adoptés dans les précédents: une sorte de reportage d’idées visant à informer les lecteurs français des développements les plus récents de la pensée et de la recherche néo-libérale américaine.

Longueur :

  • 470 pages

Difficulté :

  • Facile

Temps de lecture :

  • Plus de 4 heures

Citer cet ouvrage :

    • Henri Lepage, Pourquoi la propriété, Paris, Hachette Littératures,1984, 470 p. (Pluriel)

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