Les effets de l’interdiction des drogues (2012)

Angela Dills

Les considérations de santé publique ont conduit les décideurs publics à mettre en œuvre des politiques véritablement répressives à l’encontre du marché des stupéfiants. La législation française est d’ailleurs l’une des plus répressives du monde. Les drogues sont en effet jugées nocives pour la santé humaine. Cette nocivité justifierait ainsi que la puissance publique interfère avec les choix de consommation des individus par le biais de la politique pénale.

Cette courte vidéo de 2 minutes 30 traduite par l’Institut Coppet montre que cette politique, en plus d’être inefficace, génère de multiples effets pervers parfaitement contre-productifs au regard des objectifs des autorités. Le professeur Angela Dills constate en effet que ces restrictions ne jugulent pas la consommation de drogues.

Pire encore, elles déplacent le marché légal vers l’économie informelle et contribuent, ainsi que le disait Milton Friedman, « à conférer un monopole aux cartels de la drogue ». Ceci favorise le développement de la violence et de la criminalité. Le développement de la violence est d’autant plus favorisé que la clandestinité du commerce rend inopérant les mécanismes judiciaires classiques en vue de résoudre les éventuels litiges susceptibles d’apparaître entre les divers acteurs du marché.

Sur le plan de la santé publique, on constate que la qualité des produits vendus dans la clandestinité se dégrade, ce qui accroît les dangers et l’insécurité du consommateur. Enfin la vidéo rappelle que le coût de l’exécution de ces politiques est important. Elle mobilise des ressources humaines, policières, judiciaires, pénitentiaires et financières que l’on ferait probablement mieux d’affecter à la lutte contre des formes plus redoutables de criminalité. Le réalisme politique impose donc le choix de la légalisation.

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