Existe-t-il une réponse libérale au défi climatique ? (2015)

Laurent Bigorgne et Jean-Marc Daniel

L’économiste Jean-Marc Daniel et Laurent Bigorgne, Directeur de l’Institut Montaigne, ont été invités sur le plateau de l’émission Good Morning Business sur BFM Business le 30 novembre 2015 pour parler avec Stéphane Soumier des réponses au changement climatique alors que se tenait dans le même temps la COP21 afin de réunir tous les États de la planète pour un accord ambitieux sur les émissions de gaz à effet de serre. La problématique consiste ici à identifier les leviers disponibles pour lutter contre un réchauffement climatique considéré comme dangereux pour l’ensemble des êtres humains.

Une des premières questions qui se posent tient à l’éventuelle nécessité d’abandonner nos libertés individuelles pour sécuriser le climat de la planète. Or cette question a bien évidemment des implications politiques et idéologiques majeures. Si cette nécessité de limiter les libertés individuelles se confirme, cela impliquerait de renoncer à l’idéal d’une société libérale fondée sur l’économie de marché et admettre que seule la planification centrale constitue une option crédible pour répondre aux enjeux contemporains. Cependant Jean-Marc Daniel et Laurent Bigorgne s’interrogent sur la possibilité de recourir aux mécanismes de marché pour répondre à ces enjeux en estimant que ceux – ci pourraient finalement s’avérer plus justes et plus efficaces.

Malheureusement, ces suggestions se heurtent selon les invités à des contradictions politiques. Comment par exemple faire fonctionner la concurrence pour favoriser l’innovation énergétique quand le marché français de l’électricité est dominé par une structure monopolistique (voir à ce propos l’ouvrage d’Henri Lepage et de Michel Boucher, La libéralisation des marchés de l’électricité, Montréal, Editions Saint-Martin, 2001, 186 p.) ? Surviennent également des contradictions idéologiques lorsque l’on convient de la nécessité d’abandonner les énergies émettrices de CO2 tout en dénigrant par exemple le nucléaire.

Cette difficulté de concilier les objectifs de développement économique et de sécurité climatique se ressent également dans les relations internationales et plus particulièrement dans les relations qu’entretiennent les pays du Nord avec les pays du Sud. Les seconds estiment en effet ne devoir rendre de comptes à personne dans la mesure où les pays riches ont généreusement profité ces derniers siècles des énergies fossiles pour se développer. C’est précisément de tous ces équilibres délicats dont il est question dans cette émission.

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