Corentin de Salle

Présentation

Né dans un milieu salutairement indifférent à la politique, Corentin de Salle, jusqu’à la fin de son adolescence, était resté tranquillement englué dans la mélasse d’une conception socio-démocrate du monde qui faisait bon ménage avec un goût prononcé pour l’histoire et la littérature. Depuis sa modeste Belgique, il  suivait avec une admiration toute provinciale les débats intellectuels français avec une attirance, teintée de méfiance, pour les intellectuels antilibéraux (de Sartre à Derrida, en passant par Foucault et Deleuze). Avant que les dégâts au cerveau causés par trois année de lecture assidue du Monde Diplomatique ne deviennent irréversibles, il découvrit subitement qu’il pouvait l’utiliser pour réfléchir par lui-même, notamment dans le domaine économique.

Dans l’entretemps, il achevait une formation de juriste de 5 années à l’Université Catholique de Louvain (UCL) et écrivait anonymement dans un journal politique satirique. C’est alors qu’il découvrit le continent méconnu de la pensée libérale dont tous les intellectuels parlent avec une assurance stupéfiante sans y avoir jamais mis les pieds. Après avoir achevé un diplôme de quatre années en philosophie en parallèle de ses études juridiques, il entama une thèse de doctorat consacrée principalement à la métaphysique allemande. Une année d’étude passée à l’Université d’Oxford et la découverte des séminaires philosophiques anglo-saxons achevèrent de le guérir à tout jamais de sa sotte admiration pour les débats intellectuels français. Il commença alors à publier régulièrement, dans la presse belge, des chroniques dont la tonalité résolument libérale suscite un agacement résigné chez les abonnés.

En 2005, après avoir, à l’Université Libre de Bruxelles (ULB), défendu sa thèse de doctorat en philosophie financée par un mandat d’assistant et une activité de répétiteur qu’il exerçait en tant qu’indépendant, il fut engagé par l’Ecole Pratique des Hautes Etudes Commerciales pour dispenser des enseignements en droit, en gestion, en communication et en philosophie. Il y sévit encore aujourd’hui ainsi qu’à l’ULB. Parallèlement, il avait pris contact avec le parti politique belge Mouvement Réformateur (MR) pour proposer, fort naïvement, de dispenser aux mandataires politiques des formations payantes sur le libéralisme. Cette idée saugrenue ne se réalisa jamais mais, en lieu et place, le MR l’engagea dans son centre d’étude. Il en profita pour inonder ses infortunés employeurs d’une pelletée de notes et d’études et pour rédiger plusieurs manuels sur la doctrine libérale et un ouvrage sur la politique énergétique. Bizarrement, après dix années, il n’a toujours pas été exclu de ce centre d’études et, suite à un probable malentendu, il en est devenu le directeur scientifique. Ce qui restait de sa liberté a été anéanti par son statut d’homme marié et père de quatre enfants.